Membre du réseau des sites majeurs
de Vauban, la citadelle de Belle-Île-en-Mer
est candidate à l’inscription sur la liste du
patrimoine mondial de l’humanité de
l’UNESCO.
L’arsenal de la citadelle Vauban
Les mille ans de bouleversements historiques dont elle est héritière ont façonné la citadelle Vauban de Belle-Île. Si elle doit son nom et la majeure partie de sa physionomie au commissaire général des fortifications Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707), les prédécesseurs et successeurs de l’ingénieur de Louis XIV auront laissé leur empreinte dans les pierres de cet édifice. Les moines de Redon et de Quimperlé, premiers seigneurs du lieu, François de Rohan, en tant que lieutenant général de Bretagne du roi Henri II, les marquis de Gondi, puis le surintendant Fouquet auront contribué à asseoir sur le rocher bellilois la défense d’une île convoitée pour sa position stratégique et ses importantes réserves d’eau douce. Hélas, il n’est point de citadelle imprenable et tous ces efforts de défense maintes fois récompensés s’évanouirent face à l’attaque anglaise qui frappe l’île de plein fouet pendant la guerre de Sept ans. Cette offensive décisive de 1761 et le siège qui s’ensuivit auront suffisamment ruiné le front sud de la citadelle et les bâtiments qui en étaient proches pour amener les ingénieurs de Louis XV puis de Louis XVI à remanier considérablement la place de Belle-Île, rendue à la France par le traité de Paris, en février 1763.
Parmi ces bâtiments figure le magasin d’Armes construit par les ingénieurs du surintendant Fouquet, qui s’élevait, avant le bombardement anglais, au beau milieu du corps de place de la citadelle. Sa destruction permet d’édifier, en 1780, le superbe arsenal qui se dresse aujourd’hui sur une vaste place d’armes créée à la même époque. Un plan type confère à ce lieu de stockage de tout l’armement nécessaire à la défense de l’île, outre une éblouissante ordonnance classique, des proportions vastes voire démesurées par rapport à l’importance de la garnison et aux nécessités stratégiques de l’endroit. Visible de partout, ce bâtiment serait bien vite adopté comme point de mire par les artilleurs ennemis… qui ruineraient ainsi toute possibilité de riposte de la part des défenseurs.
Au rez-de-chaussée de cet arsenal étaient abrités canons et affûts pendant toute la mauvaise saison. Au premier étage, une salle d’armes accueillait fusils et armes blanches en râteliers et dans des caisses. Enfin, le galetas était affecté au stockage des cordages, mèches et de tout ce petit matériel nécessaire à la garnison. Ces différents plateaux étaient reliés entre eux par un escalier en chêne superbement restauré lors de la réfection complète et à l’identique de ce bâtiment. Toutes les poutraisons de ce vaste vaisseau de chêne, de granit et de schiste, furent alors remplacées, à l’exception de la charpente du galetas. Pareille à une coque de navire renversée, on ne pouvait aujourd’hui y abriter qu’une salle de marine. Histoire et ethnographie maritimes s’y déploient à travers figures de proue, souvenirs de navigateurs, atlas, instruments de navigation et autres modèles réduits. Ils y invitent au voyage le visiteur de la citadelle, place forte maritime et dorénavant lieu d’évasion à travers culture et musique.


